Une enfance perdue


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product_9782070643899_244x0L’histoire de Max commence dans le ventre de sa mère où il attend avec impatience de voir le jour, déjà soucieux d’être ce que l’on attend de lui : un parfait spécimen de la race aryenne. Nous sommes en 1936, Max naît le 20 avril, jour anniversaire du Führer. Il est le premier né du programme Lebensborn imaginé par Heinrich Himmler pour former la nouvelle jeunesse allemande voulue par Adolf Hitler, une jeunesse intrépide et cruelle.
« Voilà. C’est exactement ce que je veux : être souple. Elancé. Vif. Dur. Coriace. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Je combattrai au lieu de prier. Oh ! mon Führer, je ne veux pas te décevoir ! Je ne te décevrai pas ! »

Conçu sans amour par un couple sélectionné par les nazis, élevé sans tendresse dans un foyer du Lebensborn aux méthodes barbares, Max, enfant dur et sans attaches, est prêt à tout pour servir l’Allemagne, sa mère patrie, et le Führer, son père et guide.
Son visage d’ange (cheveux blond platine, yeux d’un bleu  transparent) lui vaudra d’être utilisé comme appât par les nazis dès l’âge de 4 ans pour faciliter l’enlèvement d’enfants polonais de type aryen, comme lui, qui seront envoyés dans les écoles du Reich pour y être germanisés.
C’est dans une de ces écoles qu’il intègre à l’âge de 6 ans que Max rencontre Lukas, un jeune polonais d’une douzaine d’années qui lui ressemble comme un frère et auquel il s’attache très vite. Mais Lukas lui révèle un secret qui pourrait bien remettre en cause leur amitié…

L’histoire de cet enfant instrumentalisé par les nazis est effroyable, d’autant plus que Max lui-même en est le narrateur. Son langage complètement décalé par rapport à son âge peut déranger voire choquer mais le procédé utilisé par l’auteur renforce, s’il en était besoin, l’horreur des faits dont il témoigne.
On se dit tout d’abord qu’il est impossible de s’attacher à un tel personnage, impossible de ne pas éprouver de la répulsion pour cet enfant monstrueux endoctriné à l’extrême. Puis, au fil du récit, une lente prise de conscience finit par ébranler ses certitudes et provoquer chez lui un sursaut d’humanité, et l’on se dit que Max, victime lui aussi de la folie nazie, mérite malgré tout notre compassion.

un témoignage froid et brutal, une lecture qu’on n’oublie pas !

A partir de 15 ans

Max/ Sarah Cohen-Scali (Gallimard, 2012. – Collection Scripto)

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