Amsterdam : retour sur la visite de l’OBA


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Après nos impressions à chaud des bibliothèques « troisième lieu » aux Pays-Bas – voyage d’étude réalisé en avril dernier par 15 bibliothécaires du Cher – ,  je vous propose de prolonger les réjouissances en revenant sur notre visite guidée de l’OBA (Openbare Bibliotheek d’Amsterdam) et sur les différentes remarques que nous nous sommes faites.

Quelques chiffres pour commencer : conçue par Joe Coenen, architecte spécialiste des bibliothèques, l’Openbare Bibliotheek d’Amsterdam a ouvert ses portes en 2007.
Avec ses 28000 m² répartis sur 10 étages (dont 7 ouverts au public), elle est la plus grande bibliothèque de lecture publique d’Europe. Elle est aussi à la tête d’un réseau de 27 bibliothèques.

Première impression quand on arrive : la taille du bâtiment. Imposant, plutôt excentré mais à deux minutes (en vélo) de la gare centrale, il est placé entre le plus grand conservatoire des Pays-Bas et le NEMO, le plus grand musée scientifique du pays. Ancrée au cœur d’une cité moderne et innovante, la bibliothèque signe ainsi sa vocation de mixité culturelle et sociale, validée par l’affluence de ses usagers, locaux et touristes.

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Volume impressionnant aussi dès l’entrée dans le bâtiment. L’agencement des espaces offre des perspectives différentes à chaque pas. Espaces ouverts, percées, galeries, balcons, mezzanines et autres recoins hauts de plafonds, articulés autour d’escalators qui forment une jonction lumineuse et centrale entre les différents niveaux.

OBA-3Pas de surcharge dans les rayons, de la place pour les yeux et les jambes. Mobilier design, en adéquation avec un certain minimalisme qu’on retrouve dans la signalétique sobre.
Si les variations de blanc donnent à l’ensemble un aspect un peu froid ou impersonnel, elles accentuent l’effet de volume. Quant aux étagères arrondies, aux touches de couleurs placées ici ou là, aux luminaires fantaisistes, aux teintes miel des sols, tout cela participe à rendre une atmosphère calme, gaie et cosy.

L’OBA compte environ 200 employés. La présence discrète du personnel est identifiée par des uniformes très discrets également.

Cette discrétion participe à l’ambiance sereine qui règne dans l’ensemble des différents espaces, où chaque personne peut trouver celui qui lui correspond, pour travailler ou se détendre.

Un souhait d’encourager l’autonomie dans l’usage des différents services de la bibliothèque, qui passe aussi par la mise à disposition d’automates à l’entrée. 23 machines « avalent » les documents retournés par les usagers, les scannent et les déposent sur des chariots avant rangement (par le personnel !)

Avec ses quelques 300 postes informatiques en libre accès, il n’y a pas de salle de travail proprement dite mais des petits espaces délimités par du mobilier. Cloisonnement souple qui permet un isolement favorable à une intimité tout en s’intégrant dans un ensemble harmonieux. Toute la surface de la bibliothèque se fait lieu d’exposition. L’art côtoie le savoir de façon naturelle et évidente, esprit d’ouverture, qui est d’ailleurs en adéquation avec l’amplitude horaire d’ouverture au public (de 10h à à 22h, 7 jours sur 7 ! mais tout ça a un prix… – inscription payante  à partir de 19 ans).

Ne pas oublier que ces bibliothèques 3ème lieu sont conçues avec l’objectif de proposer un espace où l’on peut se poser. On vient ici pour apprendre, faire des recherches, mais aussi pour son propre développement, pour se divertir, pour se détendre, se restaurer, ne rien faire. Joindre l’utile à l’agréable … c’est pourquoi la bibliothèque se compose également d’un théâtre, d’une station de radio, de salles de conférence, d’un laboratoire de langue néerlandaise, d’un espace d’exposition, d’un département de musique, de deux cafés pour les lecteurs… étourdissant, non ?

L’éclairage participe à cet objectif : favoriser le confort de chacun. Maximum de lumière naturelle, provenant des nombreuses grandes baies vitrées avec vue sur la ville et ses canaux. Équilibre judicieux entre les espaces ouverts sur l’extérieur et les lieux plus confinés. Transparence et autres effets de lumière artificielle, notamment sur les documents mis en valeur par un éclairage intégré aux étagères. OBA-6Même noOBA-7tion de transparence proposée à l’usager qui peut voir le cheminement du document avant sa remise remise en rayon.

Se poser c’est aussi prendre son temps, s’isoler ou partager des moments d’étude ou de détente, quoi de mieux pour cela, qu’une bibliothèque… avec un restaurant.

Avis positif unanimement partagé ! Situé au 7ème étage, le restaurant propose choix et qualité, accueil chaleureux et ambiance tout autant. Il se prolonge avec une terrasse semi couverte, offrant une vue panoramique sur la ville. Référencé dans les guides touristiques d’Amsterdam, le restaurant fait de la bibliothèque un des points attractifs de la ville.

Une visite qu’on aurait bien aimé prolonger tant il y a à voir et à s’inspirer. Un aperçu de l’ensemble qui nous a permis aussi d’aborder des problématiques qui rejoignent celles des bibliothèques moins importantes, telles que la baisse de l’emprunt des documents par les publics, face à l’usage d’Internet notamment, ou encore les diminutions de budget ou d’effectifs. Autant d’éléments de réflexion qui nous invitent à nous interroger sur nos missions de bibliothécaires et sur l’indéniable diversité des services à proposer et à remettre de plus en plus souvent en question.

 

 

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