« Bright Star », étoile filante du cinéma océanien et de la poésie anglaise


http://www.youtube.com/watch?v=5wdLPvV7hLgImmense coup de coeur pour le dernier film de la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion (et adapté d’une biographie écrite par Andrew Motion, publiée en 1999), sorti en début d’année .

bright star

Ce chef-d’oeuvre est consacré à la courte vie du poète britannique John Keats (1795-1821)*, mort à l’âge de 25 ans seulement lors d’un voyage en Italie, et à son amour inconditionnel et très romantique pour sa jeune voisine Miss Fanny Brawne (devenue muse inspiratrice, au même titre que la nature)…

Paysages (de la campagne anglaise), costumes d’époque (de Janet Patterson), images (coup de chapeau particulier au directeur de la photographie Greig Fraser), musique (violoncelle, cordes et choeurs composés par le musicien Mark Bradshaw, sans oublier quelques magnifiques extraits d’oeuvres de W. A. Mozart) et poèmes déclamés à voix haute : tout ici est chef-d’oeuvre… Chaque plan est digne d’un tableau de grand maître, notamment celui de l’affiche du film, dans le sous-bois printanier tapissé de jacinthes mauves , ou alors ceux des intérieurs cossus des cottages de Hampstead Heath (village proche du nord de Londres avant d’être aujourd’hui une banlieue et un immense parc public, en anglais « Garden-Suburb »), où l’intrigue se déroule en 1818…

Jane Campion retrouve ici toute la splendeur et l’élan lyrique et romantique de son précédent chef-d’oeuvre « La leçon de piano »  (on se dit que comme ce dernier en 1993, « Bright Star » aurait mérité la Palme d’or 2009 au Festival de Cannes, puisque la cinéaste était venue spécialement le présenter sur la Croisette au printemps de l’année dernière.

 A noter aussi que les deux acteurs principaux (Abbie Cornish, australienne née en 1982 et Ben Wishaw, anglais né en 1980, déjà vu dans « Le Parfum » adapté du roman historique de l’allemand Patrick Süskind) sont quasi-inconnus pour l’instant, mais leur prestation réciproque les fait entrer au panthéon du 7ème art…

Oubliez tous vos soucis quotidiens et plongez-vous – en V.O. sous-titrée pour la musicalité de la langue anglaise et spécialement pour celle de la poésie de Keats, « Endymion » en tête, qui accompagne ce film jusqu’au générique de fin – pendant au moins 2 heures dans la beauté et le passé de l’Angleterre du XIXè siècle, vous risquez bien – comme moi et les nombreux spectateurs présents lors de la séance – de ne pas vouloir en sortir ni quitter la salle, et même de vouloir immédiatement revoir le film…

Plus d’infos (vidéos, photos entre autres) sur le film ici : http://www.brightstar-movie.com/Pour terminer, une ode printanière de 1819 en langue originale écoutable sur la 2ème vidéo (je n’ai pas la traduction littérale désolé, mais c’est beau tout simplement), intitulée « Ode To A Nightingale » – « Ode à un rossignol » (le livre français « Ode à un rossignol et autres poèmes » publié aux éditions La Délirante en mai 2009 est depuis la sortie du film un succès de librairie), ainsi que les « Poèmes et poésies » de l’auteur traduits par Paul Gallimard dans la collection « Nrf-poésie » des éditions du même nom)

http://www.youtube.com/watch?v=5wdLPvV7hLg« My Heart Aches, And A Drowsy Numbness Pains
My Sense, As Though of Hemlock I Had Drunk,
Or Emptied Some Dull Opiate To The Drains
One Minute Past, And Lethe-Wards Had Sunk :
‘Tis Not Through Envy of Thy Happy Lot,
But Being Too Happy In Thine Happiness, –
That Thou, Light-Winged Dryad of The Trees,
In Some Melodious Plot
Of Beechen Green And Shadows Numberless,
Singest of Summer In Full-Throated Ease. O, For A Draught of Vintage ! That Hath Been
Cool’d A Long Age In The Deep-Delved Earth,
Tasting of Flora And The Country Green,
Dance, And Provençal Song, And Sunburnt Mirth !
O For A Beaker Full of The Warm South,
Full of The True, The Blushful Hippocrene,
With Beaded Bubbles Winking At The Brim,
And Purple-Stained Mouth ;
That I Might Drink, And Leave The World Unseen,
And With Thee Fade Away Into The Forest Dim (…) ».

(source : http://www.john-keats.com/).

(* : John Keats fut à l’honneur en mars dernier à la médiathèque de St-Florent, dans le cadre du Printemps des Poètes l, suite au stage passionnant de février animé par Jean-Pierre Siméon ! De petits poèmes – sur feuille volante – du romantique anglais étaient à disposition des lecteurs, qui pouvaient les emporter chez eux ; le fonds poésie a également subi un rafraîchissement printanier et une mise en valeur au moyen d’un déménagement plus visible à l’entrée et d’affiches ou de poèmes punaisés sur le poteau central, d’une plaque bleue intitulée « Rue de la poésie » ainsi que de nouvelles acquisitions : le système fontionne … … …  Chaque mois jusqu’à cet été fut consacré à un poète ou bien à un thème différent : en avril ce fut l’écologie en poésie, en mai Guillaume Apollinaire,  en juin le bonheur, en juillet le haïku…


A propos de stef18

Adjoint du patrimoine à la médiathèque de St-Florent-sur-Cher depuis 10 ans bientôt, je suis actuellement affecté à la section adultes (commandes de livres documentaires et BD ado-adultes, CD audio et DVD)

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