Chroniques de la rentrée littéraire 7 1


germain

Hors champ de Sylvie GermainAlbin Michel

Aurélien, cinquante ans à peine, célibataire, employé dans une entreprise commerciale, mène une existence ordinaire, mais somme toute assez agréable.

Bien qu’étant le fruit d’une relation aussi fugace qu’intense, il a vécu une enfance plutôt heureuse entre sa mère d’origine polonaise, un beau père très attentif et le fils de celui-ci, lourdement handicapé suite à une agression.

En outre, il entretient une relation amoureuse harmonieuse, semble-t-il avec Clotilde.

Mais en une semaine cet homme devient flou, incolore, inodore, transparent. Une panne d’ordinateur puis des collisions répétées avec des piétons déclenchent le processus qui va s’accélérer jusqu’à la perte (totale ?) de consistance physique ; le lecteur impuissant suit avec angoisse cette descente aux enfers du « rien ».

Curieusement, pendant qu’il s’évide peu à peu, Aurélien perçoit les sons, les odeurs, les bruits, les couleurs avec une acuité décuplée et il éprouve un profond sentiment d’empathie pour tous les cabossés de la vie (clochard, prostituée).

Depuis le Livre des nuits, Sylvie Germain explore le thème de l’effacement, de l’oubli, de la perte de mémoire mais elle n’a épuisé ni le sujet, ni le lecteur…

Un style maîtrisé où chaque adjectif vient s’emboîter parfaitement dans le récit, une écriture  charnue qui paradoxalement, rend compte du dépouillement, nous conduisent jusqu’au coup de vent final.

Un roman découvert dans le cadre du partenrait avec Chroniques de la rentrée littéraire


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

22 − = 16

Commentaire sur “Chroniques de la rentrée littéraire 7

  • Christian

    Ce livre, on pourrait croire en tout savoir sans l’ouvrir à la seule lecture
    de la 4ème de couv. Ce serait se priver, au delà d’une réflection somme toute
    assez classique sur l’existence, la reconnaissance et le regard des autres,
    du style si fluide, sensible, comme « des lambeaux de clarté trouant
    l’ obscurité ». Pas mal, Marie-Jeanne, le « coup de vent final » 😉