De l’autre côté du livre – Chapitre 1 : l’étincelle 2


ecrivain

Premier billet pour vous raconter l’écriture d’un roman telle que je la vis. A choisir, autant commencer par le commencement : l’idée première, l’origine, l’étincelle.

J’ai peu écrit ces dernières semaines, principalement par manque de temps au moment où j’ai la fraîcheur intellectuelle nécessaire : mon travail d’écrivain démarre le plus souvent à la 16ème heure de la journée.

Mais laissons pour le moment de côté  l’écriture proprement dite. Intéressons-nous d’abord à la genèse, à ce qui a mis en marche, tout d’un coup, une grande partie de mon imaginaire.

Retour en arrière, à la fin de printemps 2008 : je venais de terminer le premier jet de mon premier roman, et il m’était impossible de remettre le nez dedans.  Une sorte de rejet, dépression post-partum sans doute, alors qu’il fallait y corriger, rectifier, réécrire tant de mots, tant de lignes… Il me faudra finalement trois mois avant de pouvoir m’y replonger.

Alors entretemps, l’esprit s’occupait à un autre sujet : maintenant que je me savais capable d’écrire une œuvre « longue », je voulais m’attaquer à une histoire de bien plus grande envergure, avec une trame bien plus complexe. Et surtout lui donner un rythme qui manquait au premier, dans la lignée des thrillers dont j’affectionne la lecture, en reprenant au moins mes deux personnages principaux, et en introduire un troisième qui pourrait à terme devenir un héros récurrent à son tour.

A cette période-là, souvenez-vous, le monde est pris d’une étonnante ébullition : aux Etats-Unis, Barack Obama remporte les primaires démocrates, la banque Lehman Brothers évite de peu une faillite à laquelle elle succombera finalement en septembre, entraînant avec les subprimes la pire crise économique et boursière depuis 1929 ; en France, le Grenelle de l’Environnement bat son plein ; dans le monde, le baril de pétrole bat des records, et donne lieu à toutes sortes de folles prévisions, le prix des matières premières et des denrées alimentaires s’envolent, des émeutes de la faim ont lieu dans les pays les plus pauvres.

Comme le confirmeront par la suite mes recherches – rendez-vous au prochain billet -, je tenais un thème ambitieux, encore original, avec un potentiel considérable. Un véritable défi, donc.

Dans cet exemple, l’actualité va suggérer le roman. Bien souvent, paraît-il, c’est la vie même de l’écrivain qui va lui apporter la matière, ou ses rencontres, une histoire vraie… Parfois aussi la combinaison de toutes ses influences. Une fois que l’imagination s’est emparée de l’étincelle, elle l’attise, elle l’enflamme, elle la développe, jusqu’à porter un stylo sur des pages et des pages.

Et si vous vouliez vous aussi vous lancer dans l’écriture d’un roman, pourquoi pas même à mille mains (tous ensemble ?), vous pourriez par exemple prendre pour point de départ ce petit article du Monde, passé inaperçu juste avant les fêtes… Combien d’histoires pourraient naître de la déformation, de l’extrapolation, de l’empire de l’imagination à partir d’un fait divers aussi extraordinaire ? Une dizaine, au minimum.

Prochain rendez-vous d’ici quinze jours ou trois semaines, pour vous raconter les différentes étapes de la préparation. J’espère pouvoir vous écrire que j’ai bien avancé.

A bientôt !


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2 commentaires sur “De l’autre côté du livre – Chapitre 1 : l’étincelle

  • Dominique Laganne

    En effet, les faits cités dans ce premier billet pourraient bien constituer le point de départ arachnéen d’un thriller fortement mondialisé… Quant à l’information rapportée dans l’article du Monde sur le vol du cadavre du Président chypriote, à l’instar de bien d’autres faits divers hallucinants, elle me paraît vraiment être de nature à pouvoir inspirer un roman machiavélique !
    A bientôt pour la lecture du prochain billet…

  • maryse-richardiere

    C’est aussi passionnant que les romans-feuilletons que l’on suivait dans le journal quotidien, mais là, vous allez nous tenir en haleine pendant 15 jours… Je n’ai pas regardé le profil, mais aux commentaires, j’ai compris que vous êtes une romancière. La description du fait déclencheur, de l’éclair de la bonne idée ou des bonnes idées, de l’étincelle qui va entraîner l’histoire à écrire, effectivement, ce doit être le résultat d’un ensemble de circonstances de sa propre vie ou de vies autour de soi, de l’actualité ou la résultante de tout plein d’autres choses. Vous allez nous captiver en nous découvrant l’avancée de vos travaux. Vivement le prochain épisode !