Filles d’albums


Ce mardi 19 mai, onze bibliothécaires ont été captivé(e)s par l’exposé de Nelly Chabrol-Gagne venue les sensibiliser à la représentation du féminin dans l’album jeunesse. Elle a développé cette thématique dans un essai intitulé « Filles d’albums ».

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La matinée a commencé par un rapide historique de l’album :

Au 17ème siècle des philosophes et des pédagogues se rendent compte de la capacité de l’image à montrer la chose nommée. Comenius est l’auteur d’un premier imagier.

L’enfant a longtemps été dédaigné jusqu’au 18ème siècle. A cette époque où l’enfant devient digne d’investissement, Jean-Jacques Rousseau publie « Emile ou de l’Education ». L’intérêt pour l’enfant  est alors irréversible.

Le 19ème s’ingénie à donner des droits aux enfants : l’enfant est un individu. Des révolutions techniques et industrielles permettent d’introduire des images dans les textes. Rodolphe Töpffer fait paraitre un récit qui combine images et textes accordant une place prédominante à l’image : L’histoire de Monsieur Jabot.

A partir de la moitié du 19ème siècle, les conditions économiques, sociologiques, techniques, politiques, législatives sont réunies pour favoriser le développement des albums. Pierre-Jules Hetzel (Stahl) et Louis Hachette sont les deux premiers éditeurs à lancer chacun une série d’albums.

Entre 1910 et 1930 des éditeurs publient des albums réalisés par des artistes :

– « Macao et Cosmage » par Edy Legrand Chez Gallimard maca
– « Mon chat  » par Nathalie Parain et André Beucler  chez Gallimard

En 1931 Jean de Brunhoff fait le paraître le premier album moderne dans l’histoire de la littérature jeunesse française : « L’histoire de Babar le petit éléphant ». Puis viendront les Albums du Père castor de Paul Faucher.

A partir de 1968 l’album jeunesse amorce un nouveau tournant avec des éditeurs comme  Laurent Tisné et Robert Delpire qui introduit en France « Max et les maximonstres » de Maurice Sendak. Puis dans les années 70  la politique éditoriale de l’album se construit et la production augmente.
Deux éditeurs, François Ruy-Vidal et Harlin Quist vont bousculer la production traditionnelle en faisant appel à des graphistes qui vont « mettre du trouble » dans le sens unique de la pensée ;  il ne s’agit plus de rassurer l’enfant.

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1975 voit apparaître les Editions des femmes, branche du MLF, et sa collection « Du coté des petites filles ».

Puis en 1976 Christian Bruel crée les Editions du sourire qui mord, issues du Collectif « Pour un autre merveilleux ». julie

Aujourd’hui le secteur jeunesse devient le 2ème secteur éditorial en terme de poids économique.

 

 

Après cette introduction, nous rentrons dans le vif du sujet : l’album et les stéréotypes de genre.

Qu’est-ce qu’un stéréotype ?
Un cliché qui se reproduit, une idée reçue, un préjugé.

Il y a 3 processus dans l’acquisition des stéréotypes :

– la connaissance du stéréotype : je sais qu’il existe
– l’adhésion au stéréotype : je crois que c’est vrai
– l’intériorisation du stéréotype : je suis personnellement conforme à la croyance
après cette troisième étape cela devient un jugement.

Qu’est-ce qu’un stéréotype de genre ?
C’est une construction fictive, qui n’a rien de scientifique, qui devient une règle, un repère organisé de façon hiérarchique et immuable. Le masculin est toujours associé au pôle valorisé dans toutes les sociétés.

Un album est le premier livre qu’aura un enfant, c’est un vecteur de socialisation qui porte des valeurs.

En 2009 encore,  60 % des personnages  d’albums sont des garçons et on peut constater  qu’ils sont plus ouverts sur le monde que les filles. Les rôles sont clivés (le père joue, la mère surveille).

L’après – midi a été consacrée à l’analyse d’albums en cinq petits groupes. L’exercice consistait à choisir un album préféré parmi une dizaine et à examiner les  différentes représentations du féminin qu’il propose. Une rapportrice (teur) pour chaque groupe  a présenté la synthèse des travaux.

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En conclusion, auteurs, éditeurs, bibliothécaires… doivent prendre en compte toute la diversité de la société. Faisons confiance aux enfants et proposons leur une « biblio-diversité ».

 Filles d’albums : les représentations du féminin dans l’album par Nelly Chabrol-Gagne aux Editions du poisson soluble

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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