Le vestibule des causes perdues. Manon Moreau. Editions Delphine Montalant.


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Le vestibule des causes perdues. Manon Moreau. Editions Delphine Montalant.
Paru en Pocket en Avril 2014.

C’est l’histoire de Marat, Robert, Bruce, Sept lieues, Clotilde, Enrique, bref, une multitude de personnages qui vont se rencontrer sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ils sont partis pour 1600 kilomètres de chemin vers l’ouest et nous avec.
On y entre dans ce récit comme un pèlerin qui a chaussé ses chaussures de marche, on y est convié, et l’on est enveloppé par cette écriture fine, ciselée de cette toute jeune auteure qui fait preuve d’une étonnante et époustouflante maturité littéraire.

Et puis l’on se demande pourquoi cette histoire nous envoûte autant, quelle est cette magie qui s’opère pour retenir chaque instant , pourquoi cette histoire simple nous emmène t-elle ainsi ?
Que se passe-t’ il ?

Il ne s’agit pas seulement d’une simple identification aux personnages dont on se sent souvent proche. Non, il y a bien autre chose enfoui au cœur de ce récit, le voyage, le chemin, le rythme ?

Chacun est parti sur ce chemin-là, avec des raisons différentes mais tous y sont au même moment.
Une quête de soi, un chemin spirituel, un lent cheminement pour se dégager du poids, celui qui depuis longtemps pèse sur les épaules de chacun.
Ce sont des corps fatigués, usés, morcelés, souffrant qui partent sur le chemin. Ce sont aussi des nouveaux départs pour certains mais la marche, les pas, les milliers de pas, ceux des pèlerins precédents, voilà où la magie opère. On prend conscience petit à petit que le chemin est chargé de mémoire, il est universel, il est celui de la vie, du temps des autres millénaires.
Avec Manon Moreau on entre justement dans cette dimension-là

Plus jamais le pèlerin ne sera comme avant. Après ce cheminement c’est presque une évidence de dire cela, on le sait tous, on le devine même sans y être allé mais l’auteure nous bouleverse justement parce qu’elle nous montre cela,l’indicible.

Chacun porte son fardot, mais au fur et à mesure le chemin absorbe le poids, le corps se déleste, se débarrasse, se lave, élimine, jette, s’allège pour de nouveau s’élever, tendre vers un tout nouvel avenir.
Les corps se rassemblent enfin.
Le dépouillement, l’épure qu’implique la marche, son rythme lent, répétitif permet une nouvelle vision du monde et des autres.
Le chemin prend, s’imprègne du poids, des souffrances, des pensées comme s’il s’appropriait chacun pour laisser le pèlerin avancer plus léger.
Accepter cela, se laisser guider, se donner au chemin,celui qui tisse aussi et qui rassemble.

Magnifique ce voyage au cœur de l’Aubrac des Pyrénées et de toutes les régions que l’on traverse au cœur des hommes et des femmes aussi.

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