Mademoiselle Chambon, du roman à l’écran


Voici un beau film de cette rentrée, simple et touchant comme une histoire d’amour impossible : « Mademoiselle Chambon » (2009) du jeune réalisateur Stéphane Brizé, avec Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon (qui décidément choisit bien ses films, notamment avec le précédent « Welcome »), que j’encourage à aller voir au cinéma .

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Véronique Chambon est une jeune institutrice (ex-violoniste professionnelle) célibataire et libre, qui d’année scolaire en année scolaire change d’établissement et de région. Sans attaches, seule… Sa route croise un jour celle d’un maçon, Jean (Antonio dans le roman), marié et père d’un petit garçon qui est dans sa classe marseillaise. Elle demande à l’artisan de remplacer au pied levé un autre papa ne pouvant tenir sa promesse de présenter son métier à tous les élèves, comme elle l’a programmé régulièrement pour montrer aux enfants ce qu’est la vie professionnelle et pour travailler le vocabulaire et l’expression orale par la même occasion.

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L’Homme du bâtiment s’éxecute malgré lui, et de fil en aiguille, une relation faite d’attirance et de curiosité mutuelles (le manuel fasciné par l’intellectuelle, et vice-versa) s’installe entre les deux adultes, jusqu’à l’évidence des sentiments qu’on ne contrôle plus ou difficilement : en quelques plans et beaucoup de regards (les dialogues sont économisés par le réalisateur, qui joue sur le registre de la pudeur), tout est dit sur la souffrance, la culpabilité et le choix impossible pour l’un comme pour l’autre : partir (au sens propre ou figuré) ou rester ???

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L’interprétation est d’autant plus touchante que les deux acteurs ont vécu ensemble un long moment et ont un enfant en commun, on imagine à quel point leur rôle a dû les troubler plus que la normale. A voir aussi le père de Vincent Lindon, joué ici par un Jean-Marc Thibaut très émouvant en veuf affaibli et conscient de sa fin prochaine (la scène de la visite aux pompes funèbres et du choix du cercueil fera couler des larmes aux plus sensibles des spectateurs, tellement elle touche et nous ramène froidement à notre condition universelle… et puis Barbara et sa voix si singulière en générique de fin, ça vous donne aussi des trémolos dans la gorge) sans oublier l’épouse « bafouée » mais lucide et tolérante (car confiante sur le long terme) jouée tout en subtilité par Aure Atika.

Le scénario est adapté d’un roman de Eric Holder, initialement publié en 1996, et réédité en septembre 2009 à l’occasion de la sortie du film, toujours chez Flammarion…

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A propos de stef18

Adjoint du patrimoine à la médiathèque de St-Florent-sur-Cher depuis 10 ans bientôt, je suis actuellement affecté à la section adultes (commandes de livres documentaires et BD ado-adultes, CD audio et DVD)

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