Passeurs de poèmes : le choix de Véronique


Ville

Il ne suffit pas d’un tas de maisons pour faire une ville
Il faut des visages et des cerises
Des hirondelles bleues et des danseuses frêles
Un écran et des images qui racontent des histoires

Il n’est de ruines qu’un ciel mâché par des nuages
Une avenue et des aigles peints sur des arbres
Des pierres et des statues qui traquent la lumière
Et un cirque qui perd ses musiciens

Des orfèvres retiennent le printemps dans des mains en cristal
Sur le sol des empreintes d’un temps sans cruauté
Une nappe et des syllabes déposées par le jus d’une grenade
C’est le soleil qui s’ennuie et des hommes qui boivent

Une ville est une énigme leurrée par les miroirs
Des jardins de papier et des sources d’eau sans âme
Seules les femmes romantiques le savent
Elles s’habillent de lumière et de songe

Métallique et hautaine,
La ville secoue sa mémoire
En tombent des livres et des sarcasmes, des rumeurs et des rires
Et nous la traversons comme si nous étions éternels.

Tahar Ben Jelloun.
Paris 11 novembre 2005.


A propos de Veronique Genest

C'est mon vrai nom Véronique Genest. Je travaille à la Direction de la Lecture Publique. Je suis chargée de l'équipement des livres qui partent en réservation et du secrétariat des formations assurées par la DLP, entre autre. J'ai donc une tache polyvalente. Mon bureau se situe dans la salle où se trouvent les chauffeurs des bibliobus.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

73 + = 78