Quand il est mort le Jeannot 14


«chacun a en mémoire les mélodies inoubliables et les textes exigeants de ses chansons, qui continueront encore longtemps, par leur générosité, leur humanisme et leur poésie à transporter les âmes et les coeurs, à accompagner aussi les joies et les peines du quotidien».

Une réaction recueillie parmi bien d’autres et sans doute pas la plus sincère!

Allez, mieux vaut une chanson (un poème?) de lui!

ferrat 2Au printemps de quoi rêvais-tu ?
Vieux monde clos comme une orange
Faites que quelque chose change
Et l’on croisait des inconnus
Riant aux anges
Au printemps de quoi rêvais-tu ?

Au printemps de quoi riais-tu ?
Jeune homme bleu de l’innocence
Tout a couleur de l’espérance
Que l’on se batte dans la rue
Ou qu’on y danse
Au printemps de quoi riais-tu ?

Au printemps de quoi rêvais-tu ?
Poing levé des vieilles batailles
Et qui sait pour quelles semailles
Quand la grève épousant la rue
Bat la muraille
Au printemps de quoi rêvais-tu ?

Au printemps de quoi doutais-tu ?
Mon amour que rien ne rassure
Il est victoire qui ne dure
Que le temps d’un Ave, pas plus
Ou d’un parjure
Au printemps de quoi doutais-tu ?

Au printemps de quoi rêves-tu ?
D’une autre fin à la romance
Au bout du temps qui se balance
Un chant à peine interrompu
D’autres s’élancent
Au printemps de quoi rêves-tu ?

D’un printemps ininterrompu

Salut, Camarade.


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14 commentaires sur “Quand il est mort le Jeannot

  • Christine Perrichon Auteur de l’article

    Parce que cette voix-là m’accompagne depuis l’enfance…

    Les enfants terribles

    Les enfants terribles marchent dans les rues
    Si leur ciel est vide s’ils ne savent plus
    Leurs mains sont avides d’étreindre demain
    Les enfants terribles n’épargneront rien

    Soyez terribles terribles
    Soyez terribles les enfants

    Les enfants terribles ont des dents de loups
    Si vous en doutez prenez garde à vous
    Leur soif n’a d’égal que leur appétit
    Les enfants terribles luttent pour la vie

    Soyez terribles terribles
    Soyez terribles les enfants

    Quand l’orage tonne les enfants sourient
    Ils sont sûrs d’eux-mêmes et durs pour autrui
    Mais quand l’amour vient les cueillir au nid
    Les enfants terribles tremblent dans la nuit

    Soyez terribles terribles
    Soyez terribles les enfants

    Avec leurs grands rires avec leurs façons
    De toujours remettre le monde en question
    Ce sont eux qui font les révolutions
    Les enfants terribles ont toujours raison

    Soyez terribles terribles
    Soyez terribles les enfants
    Les enfants
    Les enfants…

  • maryse-richardiere

    Et qui n’a pas en tête, ce bel hymne :

    « Ma France »
    De plaines en forêts de vallons en collines
    Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
    De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
    Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
    Ma France
    Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
    Des genêts de Bretagne aux bruyères d’ Ardèche
    Quelque chose dans l’air a cette transparence
    Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
    Ma France
    Cet air de liberté au-delà des frontières
    Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
    Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
    Elle répond toujours au nom de Robespierre
    Ma France
    Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
    Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
    Celle qui construisit de ses mains vos usines
    Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on le fusille
    Ma France
    Picasso tient le monde au bout de sa palette
    Des lèvres d’ Eluard s’envolent des colombes
    Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
    De dire qu’il est temps que le malheur succombe
    Ma France
    Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
    Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
    En remplissant l’histoire et ses fosses communes
    Que je chante à jamais celle des travailleurs
    Ma France
    Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
    Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
    Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
    A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
    Ma France
    Qu’elle monte des mines descende des collines
    Celle qui chante en moi la belle la rebelle
    Elle tient l’avenir serré dans ses mains fines
    Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
    Ma France

  • michèle

    C’est sur un marché d’Ardèche à Thueyts que j’ai appris sa mort ce matin .L’Ardèche pleure un des siens et les montagnes ennéigées aux alentours, si belles ce matin avec le ciel bleu, semblaient lui rendre hommage:

    La montagne

    Album: Jean Ferrat – Vol.1 (1999)

    Ils quittent un à un le pays
    Pour s’en aller gagner leur vie
    Loin de la terre où ils sont nés
    Depuis longtemps ils en rêvaient
    De la ville et de ses secrets
    Du formica et du ciné
    Les vieux ça n’était pas original
    Quand ils s’essuyaient machinal
    D’un revers de manche les lèvres
    Mais ils savaient tous à propos
    Tuer la caille ou le perdreau
    Et manger la tomme de chèvre

    Pourtant que la montagne est belle
    Comment peut-on s’imaginer
    En voyant un vol d’hirondelles
    Que l’automne vient d’arriver ?

    Avec leurs mains dessus leurs têtes
    Ils avaient monté des murettes
    Jusqu’au sommet de la colline
    Qu’importent les jours les années
    Ils avaient tous l’âme bien née
    Noueuse comme un pied de vigne
    Les vignes elles courent dans la forêt
    Le vin ne sera plus tiré
    C’était une horrible piquette
    Mais il faisait des centenaires
    A ne plus que savoir en faire
    S’il ne vous tournait pas la tête

    Pourtant que la montagne est belle
    Comment peut-on s’imaginer
    En voyant un vol d’hirondelles
    Que l’automne vient d’arriver ?

    Deux chèvres et puis quelques moutons
    Une année bonne et l’autre non
    Et sans vacances et sans sorties
    Les filles veulent aller au bal
    Il n’y a rien de plus normal
    Que de vouloir vivre sa vie
    Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
    De quoi attendre sans s’en faire
    Que l’heure de la retraite sonne
    Il faut savoir ce que l’on aime
    Et rentrer dans son H.L.M.
    Manger du poulet aux hormones

    Pourtant que la montagne est belle
    Comment peut-on s’imaginer
    En voyant un vol d’hirondelles
    Que l’automne vient d’arriver ?

    Au revoir Monsieur Ferrat et merci pour toutes ces chansons qui ont bercé mon enfance!

  • stef

    Sa voix chevrotante m’a toujours ému, sans oublier ses paroles (souvent adaptées des poèmes d’Aragon) ainsi que l’accompagnement musical (cordes sirupeuses, choeurs féminins) comme sur les morceaux les plus connus « Que c’est beau la vie », « La femme est l’avenir de l’homme », « Que serais-je sans toi » et bien sûr « La montagne » citée plus haut (bref j’ai longtemps cru que j’étais ringard d’aimer Ferrat, eh bien noooooon !), c’était un grand monsieur de la chanson française comme Aznavour, que les étrangers nous enviaient je pense

  • ANNIE

    Merci à Jean , au poète qui a chanté Aragon , pour ces merveilleuses chansons qui resteront dans ma tête très longtemps et que je fredonnes souvent … Aimer à perdre la raison … Que serais-je sans toi … La montagne …
    mais aussi des chansons engagées , Pablo Neruda , Potemkine , nuits et brouillards …
    Aurevoir Jean !

  • Elisabeth

    Comme Christine, c’était un des chanteurs préférés de mon papa. Comme nous n’avions ni disques ni télévision à la maison, nous nous contentions de la radio et des chansons qu’on voulait bien y passer. Et quand j’ai eu la chance de voir Jean Ferrat sur scène, dans ma petite ville de la banlieue parisienne, en 71 ou 72, j’ai découvert des chansons bien différentes, comme Cuba si, Hou hou méfions-nous ou la Boldochévik.
    http://www.deezer.com/listen-2748151
    Pour moi, il restera pourtant surtout un grand chantre d’Aragon et l’auteur de Nuit et brouillard.

  • yvonne

    Pour moi aussi cette voix m’accompagne depuis l’enfance… J’ai eu la chance de le voir sur scène à Hendaye, j’en garde le souvenir d’un homme simple et chaleureux, artiste dans l’âme.
    Maria
    Maria avait deux enfants
    Deux garçons dont elle était fière
    Et c’était bien la même chair
    Et c’était bien le même sang
    Ils grandirent sur cette terre
    Près de la Méditerranée
    Ils grandirent dans la lumière
    Entre l’olive et l’oranger

    C’est presque au jour de leurs vingt ans
    Qu’éclata la guerre civile
    On vit l’Espagne rouge de sang
    Crier dans un monde immobile

    Les deux garçons de Maria
    N’étaient pas dans le même camp
    N’étaient pas du même combat
    L’un était rouge, et l’autre blanc

    Qui des deux tira le premier
    Le jour où les fusils parlèrent
    Et lequel des deux s’est tué
    Sur le corps tout chaud de son frère ?

    On ne sait pas. Tout ce qu’on sait
    C’est qu’on les retrouva ensemble
    Le blanc et le rouge mêlés
    A même les pierres et la cendre

    Si vous lui parlez de la guerre
    Si vous lui dites liberté
    Elle vous montrera la pierre
    Où ses enfants sont enterrés

    Maria avait deux enfants
    Deux garçons dont elle était fière
    Et c’était bien la même chair
    Et c’était bien le même sang.

    http://www.youtube.com/results?search_query=jean%20ferrat%20maria