Rentrée littéraire 2010 – Un regard 17 1


9782846262217

JPod de Douglas Coupland, trad. de l’anglais (Canada)

Ed. Au Diable Vauvert

Il faut bien le constater, le jeune Ethan, ne dispose pas des atouts les plus faciles pour réussir dans la vie : une mère qui cultive certaines substances illicites et qui se débarasse de ses amants de façon radicale, un père qui rêve d’obtenir enfin le grand rôle de sa vie ou de gagner les concours nationaux de danse de salon, un frère agent immobilier qui copine avec des pratiques maffieuses… Et lui, il est geek… Il travaille pour JPod à concevoir le futur jeu vidéo « incontournable » avec ses 6 collègues qui n’ont rien à envier aux déviances familiales : par exemple John Doe, que sa mère a nommé corbeau (sans majuscule… parce que la majuscule induirait une hiérarchisation des lettres et que c’est impossible dans une société égalitaire…) ou Kaitlin la petite amie qui s’est lancé dans des cours du soir à l’université et qui en profite pour interviewer sans relâche  tous les proches d’Ethan tout en inventant la machine à calins.

Et tout ce petit monde s’agite dans tous les sens :  meurtres, défis idiots et souvent ridicules, voyage en Chine, univers impitoyable des sociétés informatiques. « Telle est l’existence d’un jeune informaticien rêvant de devenir un véritable assistant de production : tu essaies de constituer une sélection de tableaux imaginaies en C++ pour apaiser la colère d’un lèche-bottes du développement… »

Ca part dans tous les sens sur un rythme échevelé… C’est drôle et complètement déjanté… Quand, en plus, l’auteur du roman apparait comme Deus ex Machina, tous les repères explosent… A l’image du rire incontrôlable qui nous saisit !

Quand j’serai grande, je sais déjà que je ne veux pas être geek… « Je viens juste de prendre conscience que nous, JPoders, sommes en train de devenir complètement différents du reste de nos collègues. Nos excentricités s’accentuent tandis que les non-JPoders semblent de plus en plus… normaux. Je me suis aperçu que les autres employés de notre âge ont des hobbies, des partenaires légitimes et, plus inquiétant encore, des enfants. Au lieu de rester ici toute la nuit, ils quittent les locaux, se déplacent à vélo, ont une nourriture saine, discutent d’activités qui ne sont pas liées au boulot, font un somme et retournent travailler le lendemain… pas le soir même ! Les plus anciens ne prennent même pas la peine de venir le week-end… »

Toute ressemblance avec des geeks de notre connaissance serait… (clin d’oeil à 22MARS)


A propos de Christine Perrichon

Les autres... Mes copains d'école... Eux, ils jouaient aux pompiers, à l'école, au docteur... Moi ? A la bibliothécaire : j'avais même fait des fiches dans mes livres pour pouvoir les prêter... Ajoutez à ça d'avoir été pendant longtemps l'une des plus jeunes lectrices de la bibliothèque d'O. Et, chaque mercredi : " Quel est ton numéro de carte ? - 2552 - Mais non, tu te trompes, tu es trop petite pour avoir ce numéro là (les enfants de mon âge avaient un numéro supérieur à 4000)" Et puis, on ne pouvait emprunter des romans que si on empruntait des documentaires... C'est comme ça que j'ai lu toutes les biographies des peintres, musiciens, sculpteurs et même aviateurs ou chercheurs... Au moins, ça me racontait la vie ! Et je me disais : " Si j'étais bibliothécaire... je laisserais les enfants choisir ce qu'ils veulent lire..." Alors, quelques années plus tard, face au grand saut dans la vie professionnelle, comme une évidence : je serai BIBLIOTHECAIRE !!! Et depuis plus de 20 ans, de bibliothèques municipales en bibliothèques départementales, mon enthousiasme est intact : - Quand les cartons de livres commandés arrivent, c'est chaque fois un peu noël... - Quand je peux échanger sur les livres ou les CD que je viens de découvrir, c'est chaque fois un moment de bonheur... - Quand les outils numériques viennent bouleverser nos pratiques, c'est la plongée excitante vers l'inconnu... Une nouvelle aventure s'ouvre maintenant ! Chermedia, notre plateforme d'échanges et de partages

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Commentaire sur “Rentrée littéraire 2010 – Un regard 17

  • marie-jeanne-chambrion

    Non seulement je ne veux pas devenir une « geek » (et de ce côté là y-a pas trop de risques) mais je me demande si j’aurais l’envie ou la curiosité de plonger dans cet univers déjanté de Douglas Coupland ? En tout cas tu as bien su nous « titiller » dans cette chronique !