Rentrée littéraire automne 2012 : « Le terroriste noir » de Tierno Monémembo


terroriste noirNous voici plongés dans un village lorrain, pendant la seconde guerre mondiale.
Village dans lequel on retrouve les tensions entre les familles Tergoresse et Rapenne désunies par des jalousies datant des grands pères, mais surtout, Addi Bâ, tirailleur sénégalais de Guinée(!) qui, après s’être enfui du camp de prisonniers de Neuchatel a été retrouvé presque mourant dans la forêt vosgienne.  Il vécut donc là, déclaré comme employé agricole, mais toujours vétu de son uniforme militaire. Car il ne s’avoue pas vaincu et fonde le premier maquis des Vosges, qui aide les jeunes gens appelés à partir pour le STO à s’enfuir. Ils les récupèrent grâce à un réseau de résistants et les logent dans  son organisation clandestine, le Camp de la Délivrance, où les habitations sommaires ressemblent étrangement à des cases d’Afrique. Mais cet homme a beaucoup de charme et, grace à son vélo, il peut parcourir la campagne la nuit, pour mener ses activités de résistant mais aussi rendre visite à ses conquêtes. Qui le trahira ? On ne le saura pas, mais il y a des histoires que résistance qui se termine bien, celle ci fait partie des autres…

Ce récit nous est livré par l’intermédiaire de Germaine Tergoresse, jeune fille chez qui il venait écouter Radio Londres et  qui fut témoin de sa vie dans le village et de son arrestation. Elle raconte ses souvenirs, 60 ans plus tard, au neveu d’Addi Bâ, venu représenter sa famille lors de la remise de sa médaille de la Résistance. Ses souvenirs nous sont livrés dans un désordre relatif, dû à l’ancienneté des évenements.

Ce récit est une fiction : certains lieux n’existent pas, des noms de personnages non plus, sauf Addi Bâ et Marcel Arburger, résistant également. Mais pour le reste, ce récit colle parfaitement avec la vie réelle de Mamadou Addi Bâ, appelé le terroriste noir par les allemands. Il nous démontre aussi le temps qu’il a fallu pour reconnaître le patriotisme des soldats des régiments de tirailleurs sénégalais, ou des faits de résistance d’hommes venus des colonies.

Les paragraphes courts, pas toujours liés, comme un peu des pensées qui reviennent en vrac, m’a un peu dérouté. Mais le fond de ce récit est tellement captivant et surprenant que j’ai réussi à dépasser cette forme de style et être fascinée par ce personnage hors du commun.

La vidéo ci dessous raconte la vie réélle d’ Addi Bâ Mamadou. Elle est le fruit de recherches assidues d’Etienne Guillermond qui lui dédit un site entier.

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