Rentrée littéraire automne 2012 : Le vase où meurt cette verveine, Frédérique Martin, éditions Belfond 3


51xVbAmIeyL._SL500_AA300_[1]Zika 76 ans et Joseph 78ans, se voient contraints de se séparer après 56 ans de mariage.
Ce couple de milieu très modeste, qui vivait heureux dans une petite maison qu’il louait, est obligé de quitter le foyer, Zika pour vivre chez leur fille à Paris où elle doit rencontrer un grand professeur pour suivre un traitement pour son cœur. Joseph chez leur fils à Montfort près de Toulouse.
Tout au long de ce roman épistolaire, nous entrons dans l’intimité de ce couple amoureux comme au premier jour.
Le drame de la séparation, ne va pas être le seul de cet été qui s’annonce bien trop chaud pour ces deux vieillards. Entre la maladie de l’un, la fatigue et l’ennui de l’autre, ils vont redécouvrir et découvrir leurs enfants. Isabelle, l’aînée, la quarantaine, toujours célibataire, sans situation professionnelle, sans amis, est heureuse d’accueillir sa mère, mais ne veut en aucun cas prendre le couple.
Gauthier, marié à Joëlle, deux enfants, un fils Thomas, la quinzaine, qui n’est pas le sien, et la petite Rosalia, 6 ans.
Si auprès de son fils, Joseph recueille toute la tendresse et la complicité de ses petits enfants, il n’est pas aisé pour lui de se faire une place dans la maison.
Les échanges entre les deux amants, sont chargés de tendresse, d’émotions.
Pour s’encourager l’un et l’autre dans les bons moments ils se souviennent de la première rencontre, du premier baiser, de leur vie simple mais heureuse. Mais aussi ils n’hésitent pas à employer les mots durs, blessants, pour exprimer toute la rancœur, tous les regrets, toutes les petites histoires qui habitent le couple au bout de tant d’années de vie commune.
Dans ces moments de grande déprime, Zika reproche même à Joseph d’avoir une amie, une voisine de son âge qu’il a rencontré au cours d’un barbecue et avec qui , il peut avoir une vrai conversation, partager des souvenirs de leur génération.
Parler plus des enfants, ce serait trop en dire.
Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi vite.
Ces deux personnages sont très attachants, leur amour, leur combat pour se retrouver et finir leurs jours ensemble nous emporte dans un tourbillon car les jours sont comptés…
L’écriture est fluide, le vocabulaire employé est riche et soigné, comme on peut l’attendre chez des personnes de cet âge. Ce sont des gens d’aujourd’hui et j’ai frémi plusieurs fois face à leurs coups de colère, leur impuissance à se retrouver, leur déchéance, « devenir les enfants de leurs propres enfants ». Mais j’ai aussi souri devant toute cette tendresse, ce témoignage face à la durée de cette relation, leurs petites habitudes, les caresses, les baisers, même si les corps ont vieilli, l’intensité de leurs émotions est toujours intacte, et c’est bien là aussi le drame…
Le vase où meurt cette verveine de Frédérique Martin aux éditions Belfond


A propos de martine gallois

De formation comptable, je suis passée dans le monde de la littérature par les contes, en passant mon Bafa. A la DLP 18 depuis le 1er septembre 1996, j'ai eu la chance de pouvoir effectuer des fonctions très différentes et toutes très enrichissantes. Prêt au public à l'annexe, participation au groupe formation animation, gestion des marchés publics et de la comptabilité, conteuse...

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

11 − = 3

3 commentaires sur “Rentrée littéraire automne 2012 : Le vase où meurt cette verveine, Frédérique Martin, éditions Belfond