Rentrée littéraire septembre 2011 – Feu de camp de Julia Franck


Feu de Camp – Julia Franck – Flammarion

 

 

Nous sommes au temps de la guerre froide, où tout ce qui vient à l’Ouest de l’Est est suspicieux et vice versa. Ce récit est l’histoire d’allemands de la DDR qui ont réussi à obtenir le « privilège » de passer à Berlin Ouest pour vivre une vie meilleure, se faire soigner, retrouver de la famille, … Mais auparavant, il faut passer par le camp de « transit » de Marienfeld. Certains n’y font que passer, nous ne les verrons pas dans ce roman. Nous, nous resterons avec ceux qui vont y vivre plusieurs semaines, plusieurs mois. Nous découvrirons leurs conditions de vie : tickets de rationnement, chambres partagées avec des inconnus, état déplorable des logement (sanitaires, isolation avec les autres chambres très mince, …), suspicion permanente (y a t-il des agents infiltrés de la Stasi ?, …), sorties sous contrôle du camp, …

 

Les personnages principaux sont Nelly Senf et ses deux enfants, Aleksej et Katja. Son statut de docteur en chimie, obligée de travailler comme agent d’entretien d’un cimetière après sa demande de visa pour l’ouest et sa liaison avec un personnage flou , Wassilij, qui se suicida (avec tout ce que cela sous-entend en RDA …). La vie à l’école des enfants est effroyable. Quand on sait que Julia Franck, l’auteur est née à Berlin Est et est passée à l’Ouest dans ses années-là, on comprend qu’elle n’a pas dû avoir besoin d’inventer beaucoup. Comme tout le reste d’ailleurs. On suit a aussi Krystyna la polonaise, Jerzy ancien prisonnier au comportement étrange ou même John Bird, agent de la CIA, …

 

Ce récit est poignant. Le style employé donne bien ce sentiment de malaise, d’incertitude sur l’avenir : comment sortir de ce camp quand la famille qui devait vous recevoir vous ignore, comment travailler quand vous donnez l’adresse du camp de Marienfeld comme domicile, … Les personnages ont des relations toujours empruntes de retenue, de méfiance. En revanche, le fait d’utiliser la première personne du singulier dans l’ ensemble du roman mais avec un changement de narrateur à chaque chapitre ne m’a pas plu. Il m’a perdu par moment. Peut être, comme le vécu de ces personnages …

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