Sagesse et truculence arabo-musulmane


Découvert lors d’un stage sur les contes (à la DLP du Cher !), voici un personnage mythique et légendaire de la culture arabe, au même titre qu’Ali Baba et le fameux recueil des 1001 nuits : Nasreddine Hodja (ou Djeha, Jiha, Goha, Ch’ha…).

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Connu depuis des siècles au Moyen-Orient et au Maghreb, cet individu mythique est qualifié d’idiot, de simplet ou de fou-sage, et ses histoires philosophico-comiques, qui se transmettent de génération en génération de l’Algérie au Pakistan, en passant par l’Irak et la Turquie, sont appelées « nawadir », c’est-à-dire « raretés » ou « perles rares »…

Histoires courtes en général, « derrière lesquelles se cache une sagesse simple comme la lumière du jour. Nasreddine Hodja peut être grave, sérieux ou absurde, mais ce qu’il dit n’est jamais gratuit. Derrière le rire que suscitent ces histoires, il présente à chacun la vérité dans toute sa cruauté » (Jihad Darwiche, adaptateur).

 

Petit extrait à savourer (« Nasreddine médecin ») :

« Nasreddine Hodja avait envie d’apprendre la médecine. Il alla voir le médecin le plus célèbre de sa ville et lui fit part de son désir : « Tu tombes bien, lui dit le médecin, je vais visiter quelques malades ; viens avec moi, tu pourras ainsi apprendre le métier sur le terrain ».
Nasreddine accompagna le médecin chez le premier malade. Celui-ci regarda à peine le patient et lui dit : « Ton cas est très simple : ne mange plus autant de cerises, bois une tisane avant de dormir et tu seras guéri ».
Nasreddine Hodja était plein d’admiration. Dans la rue, il ne tarit pas d’éloges : « ô maître, vous êtes vraiment un grand médecin ! Comment, sans toucher le malade, avez-vous pu deviner de quoi il souffrait ? ».
« C’est très simple, lui répondit-il, j’ai regardé sous le lit et j’ai vu qu’il y avait un gros tas de noyaux de cerises. J’en ai déduit qu’il en avait trop mangé ».
Le Hodja se dit que la médecine était plutôt simple et qu’il pouvait l’exercer à son tour. Il se déclara médecin et, dès le lendemain, alla visiter son premier patient. Il entra, regarda sous le lit et ne vit que les vieilles babouches du malade : « Ton cas est très simple, lui dit Nasreddine, ne mange plus autant de babouches, bois une tisane avant de dormir et demain tu seras tout à fait guéri »… … …

Sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage / adapt. et arr. Jihad Darwiche ; collab. Michel Piquemal ; ill. David B. – Albin Michel jeunesse, 2000-2003. – (coll. « Sagesses et malices… »). – ISBN 2-226-11203-0.

Voici également un site internet où l’on peut découvrir de multiples histoires de Nasreddine Hodja (dont l’excellente illustratrice jeunesse Rebecca Dautremer s’est sans doute inspirée en 2005) d’un simple clic : http://ahama.9online.fr/.


A propos de stef18

Adjoint du patrimoine à la médiathèque de St-Florent-sur-Cher depuis 10 ans bientôt, je suis actuellement affecté à la section adultes (commandes de livres documentaires et BD ado-adultes, CD audio et DVD)

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