Sortie du 24 mai 2014 à Epineuil-le-Fleuriel et à L’Abbaye de Noirlac


Une journée conviviale et agréable pour les bénévoles de la Médiathèque intercommunale de Massay à la Maison Ecole d’Alain-Fournier à Epineuil et à l’Abbaye de Noirlac, où nous nous sommes rendus en covoiturage avec quelques Massayais intéressés par cette balade culturelle.

Par des chemins différents, et après avoir traversé des villages et les bocages du Boischaut, nous nous sommes retrouvés à Epineuil, sur la place de la Mairie devant la Maison d’accueil du Grand Meaulnes.
Chacun ayant payé son écot, nous assistons à un diaporama avant de nous rendre à la Maison Ecole du Grand Meaulnes pour une visite guidée par Maryline Touzet.

Nous voici dans la cour de l’école où Henry Alban Fournier a passé son enfance avec ses parents instituteurs. Dans cette école de garçons, seule, Isabelle, la sœur d’Henry Alban Fournier était scolarisée en raison de son handicap.

C’est aujourd’hui une maison d’écrivain ouverte au public. Cette école a servi de cadre mais aussi sa campagne à toute une partie du roman d’Alain-Fournier.

C’est une longue maison rouge, avec ses cinq portes vitrées, sous des vignes vierges, son préau bas pour accrocher des pèlerines, son puits à égale distance entre la cuisine et le four à pain, et les toilettes extérieures de l’époque. Nous découvrons l’école telle qu’elle était à l’arrivée de la famille Fournier en 1891, avec la mairie, les salles de classes, le logement de fonction et les greniers.

Maryline Touzet, notre guide, nous a émerveillés par la description détaillée de cette école, de la vie d’Henry Alban Fournier, de sa sœur Isabelle laquelle consacra toute sa vie aux œuvres de son frère, et de ses parents instituteurs dans leur logement de fonction en narrant quelques passages du roman « le Grand Meaulnes ».

L’austérité des lieux nous montre que la vie, peut-être privilégiée de l’époque pour cette famille, était rude dans ces villages de campagne.

Nous commençons par la visite de la Mairie ; à l’époque nous retrouvons dans cette même salle un isoloir, une table sur laquelle sont ouvertes des cartes cadastrales et une urne, des affiches de lois aux murs, quelques documents dans une bibliothèque, un tambour, un drapeau et une bannière.

Nous passons ensuite à la visite des classes, la petite et la grande classe.
Quels élèves studieux étions-nous, assis sur les bancs de ces tables de classe, à écouter et regarder le tableau noir où étaient inscrits à la craie une rédaction et un cours de morale, des problèmes de mathématiques !
Le poêle, à l’époque était placé près de la porte pour envoyer un peu de chaleur dans l’autre classe. « Quel confort où le survitrage n’existait pas, des courants d’air sous les portes pour ces enfants en culottes courtes en toutes saisons ».

Et autour de nous, des cartes accrochées aux murs !
« Tiens, on découvre que la Pologne était russe, que l’Alsace était prussienne »
Des poids et mesures : « un hectolitre, ça fait combien de litres ? » « 100 litres », répondu par un écho dans cette classe improvisée.

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 Mais quelqu’un est venu qui m’a enlevé à tous ces plaisirs d’enfant paisible. Et celui-là, ce fut Augustin Meaulnes, que les autres élèves appelèrent bientôt le grand Meaulnes.
Meaulnes ne disait rien ; mais c’était pour lui qu’à chaque instant l’un des plus bavards s’avançait au milieu du groupe, et, prenant tour à tour chacun des compagnons, qui l’approuvaient bruyamment, racontait quelque longue histoire de maraude, que tous les autres suivaient, le bec ouvert, en riant silencieusement.

 

 

Nous visitons le logement de fonction, la cuisine très sombre avec l’escalier pour monter aux chambres ou au grenier, le salon avec les cadres de la famille Fournier, le petit salon où la mère d’Henry Alban Fournier s’enfermait avec interdiction de la déranger. Nous poursuivons par la chambre familiale puis par le grenier où Henry Alban Fournier avait sa chambre située juste au-dessus de celle de ses parents. Ainsi il pouvait les appeler à tout moment à l’aide d’un bâton qu’il frappait sur le plancher. Des passages de l’œuvre d’Alain-Fournier relatent les moments passés dans cette chambre avec Meaulnes :

 

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 « Ce ne fut pas la seule nuit où, réveillé par le bruit de ses pas, je le trouvai ainsi, vers une heure du matin, déambulant à travers la chambre et les greniers – comme ces marins qui n’ont pas pu se déshabituer de faire le quart et qui, au fond de leurs propriétés bretonnes, se lèvent et s’habillent à l’heure réglementaire pour surveiller la nuit terrienne. »

 

 

 

Puis nous terminons la visite par les greniers où sont entreposés des objets anciens relatant la vie de cette période.
Fin de la visite, retour dans la cour et vers l’accueil, chacun discutant à tout-va de ses impressions ou de quelques anecdotes.
Il est 12h30’. Quelques estomacs s’agitent dans les conversations ! Quelques livres, revues sous les bras, nous voilà repartis pour Drevant, au resto « le Saint Jean » pour un repas convivial et excellent.
Ah oui ! Il est l’heure de repartir pour l’Abbaye de Noirlac.

 

Arrivée à l’abbaye de Noirlac.berry Abbaye de Noirlac1

Annette et Bernard monnayent les tickets d’entrée à 4€50 (pour 20 personnes) contre 7€ pour les 19 que nous sommes et la visite de cette magnifique abbaye cistercienne située au cœur d’un bocage façonné par le Cher se déroule avec un guide sympathique et plein d’humour.

 

 

 

Abbaye cistercienne fondée en 1136 par un petit groupe de moines venus de l’Abbaye de Clairvaux, elle se nomme alors Maison Dieu et ne prend le nom de Noirlac (à cause des ardoises qui jonchaient l’étang la bordant) qu’en 1290 ; La construction des bâtiments s’échelonne sur les XII et XIIIème siècles, l’Abbaye est alors à son apogée. Elle connaît ensuite un lent déclin du à la guerre de 100 ans et au relâchement des règles. Elle passe au XVIème siècle sous le régime de la commende (le père abbé était nommé par le roi, non plus par les moines), sérieusement endommagée sous la fronde, restaurée au XVIIIème siècle, vendue comme bien national à la révolution, elle est rachetée en 1822 par un citoyen britannique qui y installe une manufacture de porcelaine et la revend à la famille Pillivuyt de Foëcy en 1848, classée monument historique en 1862 après le passage de Prosper Mérimée, l’exploitation se termine en 1893.

Elle sert alors d’orphelinat en 1909 puis le Département du Cher se porte acquéreur en 1938, camp d’internement pour les réfugiés espagnols en 1939, sa restauration commence enfin qui s’étend de 1950 à 1980.

L’église est un vaste vaisseau (59 mètres de long) très dépouillée en ornementation comme l’exige la règle cistercienne, les chapiteaux sont ornés de simples feuilles rappelant les plantes des marais. Ses hautes et majestueuses voûtes gothiques sont éclairées pas des vitraux non colorés installés en 1977 afin que la lumière passe au maximum. L’ordre de Cîteaux, fondé par Bernard de Clervaux, impose des règles très austères pour tout ce qui régit la vie des moines et la construction des bâtiments.

Nous grimpons ensuite dans l’ancien dortoir des moines qui sert aujourd’hui de salle de répétition pour les concerts estivaux. La poutraison en demi-cercle est impressionnante, les poutres de chêne traversent la salle d’un seul tenant soit 18 mètres et un seul arbre par poutre.

La visite continue avec le réfectoire, un escalier conduisant à une loggia permettait à un moine de donner lecture à l’assemblée pendant le repas «le journal télévisée avant l’heure ». Nous passons ensuite au scriptorium (aujourd’hui occupé par une exposition temporaire) chauffé par une cheminée afin que l’écriture des manuscrits se fasse dans de bonnes conditions.

Le cloître s’offre à nous, avec de belles arcades différentes entre est et ouest, un côté fut détruit par l’effondrement de la galerie du au poids des ajouts de la manufacture. Nous terminons la visite par les chambres des moines refaites en 1756, leur permettant d’avoir une chambre individuelle.
Les bâtiments des convers (frères lais) ayant disparus avec cette fonction occupaient une place à part dans l’abbaye. Les convers, ordres religieux catholiques étaient chargés principalement des travaux manuels et des affaires séculières. Ils étaient séparés des moines qui se consacraient presque uniquement à Dieu.

Le guide nous quitte en nous invitant à aller dans le parc, admirer la rangée de tilleuls (classés) vieille de 300 ans.
C’est ainsi que ce termine cette excellente journée. Merci aux organisateurs qui nous ont concocté une balade très agréable et sans fausses notes. A refaire….

 

La photo de une vient de CICLIC

L’illustration vient de la DLP (Direction de la lecture publique)

Abbaye de Noirlac

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