Sus aux mangas avec Kim Bedenne et Stéphane Meslage


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Dans le cadre du stage de base de 10 jours, nous avons rencontré Kim Bedenne directrice éditoriale chez Pika et Stéphane Meslage de la librairie Kimeshoten à Bourges, deux  spécialistes et passionnés de mangas

Très vite nos a priori sont levés  lorsqu’ils commencent à répondre à nos questions . 

 

 Le manga daterait du 19e siècle  et tiendrait ses origines des dessins comiques  édités sur des parchemins au Japon. Il connaît un boom après la Seconde Guerre Mondiale, puisqu’il sert d’outil de propagande. Dans les années 60, il devient très populaire et s’adresse à toutes les couches de la société.

Le manga au Japon est très hiérarchisé. Parait déjà une prépublication, une sorte de magazine, qui selon le succès rencontré auprès du public, est édité ensuite en livre, ou bien est arrêté. Le format typique du manga est un livre de poche, pratique et pas cher. Le public est très ciblé, selon des critères de sexe et d’âges. Les teenagers garçons sont les premiers visés, puis les jeunes adultes. Les mangas ont aussi un public d’enfants. Seule la catégorie des plus de 30 ans reste difficile à fidéliser.

Le sens de lecture reste identique au sens de l’écriture Japonaise, le manga a conservé cette tradition. Il est édité en noir et blanc. La couleur demanderait un temps de lecture plus long (en appréciant d’avantage les dessins), la dynamique, qui est essentielle, serait donc perdue.

Les histoires sont inventées au feeling ou selon un phénomène de mode. Le manga se lit comme un « film », l’action et les émotions (avec les mimiques, les grands yeux) y sont volontairement très présentes et judicieusement placées dans l’histoire, afin de donner du rythme.  Il se construit sur le même principe qu’un feuilleton, ce qui fait que certaines séries peuvent être très longues, et ce jusqu’à ce que le lectorat s’épuise, le but étant très commercial, puisque toute une économie marketing très importante est générée autour.

Dans le manga tout est au service de l’histoire, l’essentiel est de faire passer des émotions afin que chaque lecteur puisse s’identifier.

Les mangakas (auteurs de mangas) se documentent beaucoup, ce qui fait que leurs ouvrages sont une mine d’informations. De nombreux sujets sont abordés comme par exemple  le vin ou l’histoire de France.

Il y a très peu de bons mangas français. Les Editions Pika restent précurseurs avec des séries comme City Hall ou Dreamland, mais ne sont pas exportées. Ce type d’édition ne marche pas, probablement à cause de notre différence de culture, mais aussi du fait qu’il n’y a pas de prépublication. Ce qui est produit sur une année en France, l’est en seulement un mois au japon.

Les participants ont beaucoup apprécié cette rencontre. La preuve… certains sont repartis avec des mangas sous le bras !
Merci à Kim et Stéphane !

Article réalisé grâce aux précieuses notes de Cécile et à la participation de Corinne, Nicole, Victorie,Valérie et Valérie.

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