Passeurs de poèmes : le choix de Nino 2


classe_ouvriere012

photo Michel Zoladz

Travail

 

Un grand soleil noir tourne sur la vallée

Cheminées muettes – portails vérouillés

Wagons immobiles – tours abandonnés

Plus de flamme orange dans le ciel mouillé

On dirait – la nuit et de vieux châteaux forts

Bouffés par les ronces – le gel et la mort

Un grand vent glacial fait grincer les dents

Monstre de métal qui va dérivant

J’ai passé ma vie là – dans ce laminoir

Mes poumons – mon sang et mes colères noires

Horizons barrés là – les soleils très rares

Comme une tranchée rouge saignée rouge saignée sur l’espoir

On dirait – le soir  » des navires de guerre »

Battus par les vagues – rongés par la mer

Tombés sur le flan – giflés des marées

Vaincus par l’argent – les monstres d’acier

J’me tuais à produire

Pour gagner des clous

C’est moi qui délire

Ou qui devient fou

J’peux plus exister là

J’peux plus habiter là

Je sers plus à rien – moi

Y’a plus rien à faire

Je voudrais travailler encore –

Forger l’acier rouge avec mes mains d’or

 

Lavilliers


A propos de Nino

NINO, chauffeur à Direction de la Lecture Publique. Je conduis le bibliobus avec mes 3 collègues qui du Nord au Sud et de l'OUEST à l'EST allons dans les villes et villages du département échanger romans documentaires divers et cd pour petits et grands.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

+ 78 = 81

2 commentaires sur “Passeurs de poèmes : le choix de Nino