Rentrée littéraire Automne 2010 : « Fugue » de Anne Delaflotte Mehdevi


9782847201741

Fugue de Anne Delaflotte Mehdevi. Editons Gaïa.

Clothilde et  Vincent vivent avec leurs quatre enfants, une vie d’équilibre de bonheur jusqu’au  jour de la rentrée scolaire.

La sonnerie du téléphone dans l’espace lumineux de Clothilde provoque un séisme.

La  maîtresse annonce à Clothilde  que  Madeleine a disparu. En un instant tout bascule.

Leur petite fille de 8 ans s’est échappée  de l’école par une fenêtre ouverte…

Aussitôt Clothilde part à sa recherche, elle l’appelle,  crie, hurle son nom  pour  la retrouver saine et sauve au  bord  de la  rivière.

Mais Clothilde a perdu sa  voix.

Mais  Clothilde sur le chemin de la rééducation trouve le chant.

Elle  suit une rééducation avec une orthophoniste, mais le travail est long,  laborieux  et sa voix ne revient pas, elle reste atone, basse,murmurée. Il lui faut alors  trouver un  nouveau mode de communication et  faire face aux incompréhensions de tous qui ne comprennent pas  cette maladie (qui  n’en est pas une, pour eux) qui  ne comprennent pas que cette femme parfaite, lisse, aux services de tous,  solide, puisse se révéler fragile et  surtout elle ne leur  renvoie plus l’image qu’ils attendent d’elle.

C’est un  roman en mouvement, celui de la musique, lent, rapide, en  aller  retour de pertes,

de retrouvailles, d’avancées, d’échecs, en suspension entre des moments de silence, de bruit et  de chant.

Des apnées où la parole perdue ne vient plus,  mais le souffle  et l’air reviennent comme une évidence avec le chant, celui  libérateur que Clothilde découvre avec un  professeur de musique.

Atypique cette femme qui en  refusant  les traitements chimiques  doit s’opposer à  tous, mais qui se lance corps  et  âme dans ce chant qui  l’apaise.

« Affirmer sa voix, c’est s’affirmer femme » et non pas seulement épouse, mère  aux  services des autres,  affirmer sa  voix,  c’est trouver sa  propre voie,  se  construire un  avenir riche,  c’est  rebondir,  se  remplir de notes, de vibrations, de résonances,  redresser ce corps malmené par les maternités successives.

Clothilde bascule vers nous, plus encore présente au moment du concert qu’elle donne dans une  abbaye. Parce que le chant est aussi don de soi, elle réussit sa  quête pour elle-même  et pour les  autres.

Elle renaît après la fugue, catalyseur ; à la fois  point de départ et  fin.

Ce n’est pas un  livre qu’on  lit,  c’est un  livre qu’on écoute.

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