Cinéma d’auteur


Hommage au voyageur au long cours Bernard Giraudeau 1

Un grand mais discret acteur, réalisateur-scénariste, écrivain et voyageur-humaniste vient de nous quitter à seulement 63 ans : Bernard Giraudeau, des suites d’un cancer (encore un, après Dennis Hopper et bien d’autres artistes rattrapés par le crabe)… Petit hommage avec son film sur l’esclavage au Sénégal au temps des Lumières (« Les Caprices d’un fleuve », 1996).


Ados et cinéma, fin (« Juno » de Jason Reitman)

Le meilleur pour la fin : « Juno » (2007), film indépendant du cinéma américain, du jeune réalisateur Jason Reitman, dans l’esprit du cultissime « Little Miss Sunshine » déjà cité ici…

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Juno McGuff, 16 ans (jouée par la formidable Ellen Page, un nom à retenir pour ces prochaines années…), est une jeune fille qui n’a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C’est ainsi qu’un jour où elle s’ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux.

Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s’occuper de son bébé. Avec l’aide de sa meilleure amie Leah, elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d’adopter leur premier enfant. Soutenue par sa famille, Juno fait la connaissance des Loring. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage…

Une excellente comédie dramatique à but ludique et éducatif à la fois (mais à déconseiller aux moins de 10 ans tout de même), avec des dialogues percutants et drôles (en V.O. sous-titrée de préférence), qui parlera à tous les ados, de quelque milieu qu’ils soient… Le générique de début est par ailleurs très original, mélangeant images du film et images d’animation, sur fonds de mélodie folk à l’américaine, sans oublier la bande-son en général.

Plus d’infos sur le film ici


Ados et cinéma, suite (« Paï » de Niki Caro) 3

Encore une belle histoire d’abnégation et un film dépaysant, avec de jeunes acteurs talentueux, cette fois non plus au Canada, mais en Nouvelle-Zélande :« Paï, l’élue d’un peuple nouveau » / « Whale Rider » (2002) de la réalisatrice Niki Caro.

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Paï est une jeune adolescente issue d’une tribu maori, son grand-père est le chef incontesté du groupe mais il refuse de lui passer le flambeau, préférant de loin un garçon… … … Mais ce sera sans compter sur la volonté et la tenacité de sa petite-fille (jouée magnifiquement par Keisha Castle-Hugues, qui fut nominée à l’Oscar 2002 de la meilleure actrice pour son rôle).
Ce film là-encore familial est adapté du roman de l’écrivain maori Witi Ihimaera « Whale Rider » (« Païpeka, l’élue d’un peuple nouveau »).
Récompenses : Prix du Public au Festival de Sundance, ainsi qu’aux festivals internationaux de Toronto, San Francisco et Rotterdam.

Les habitants de ce village maori de Nouvelle-Zélande se réclament tous du même ancêtre : Païkea, le légendaire « Whale Rider » (conducteur de baleines) qui y débarqua mille ans plus tôt, juché sur le dos d’une baleine.
A chaque nouvelle génération, un descendant mâle du chef reçoit ce titre qui fait de lui le leader et le gardien spirituel de sa petite communauté…
A 12 ans, Paï, petite-fille du chef Koro, est une adolescente douée, sensible et volontaire. Depuis la mort de son frère jumeau (à sa naissance), elle est aussi la seule à pouvoir assurer le rôle « viril », si prestigieux. Mais Koro son grand-père, gardien d’une tradition millénaire, refuse de voir en Paï son héritière : aucune fille n’a jamais été et ne sera jamais « Whale Rider »…
Un vrai chef-d’oeuvre malheureusement peu connu. L’interprétation est exceptionnelle et l’histoire tout simplement belle (sans oublier les paysages néo-zélandais à couper le souffle).

Le mythe de Païkea : dans la légendaire Hawaïki (île originelle des Maoris ?), Kahutia-te-rangi, alias « Païkea », échappe lors d’une sortie en mer, aux manigances de son rival Ruatapu avant d’être sauvé par une baleine qui lui permet de gagner les côtes néo-zélandaises où il fondera une tribu… Cette légende plus que millénaire a été reprise dans de nombreuses oeuvres, en particulier dans le livre « The Whale Rider » de Witi Ihimaera, l’oeuvre dont est tirée « Paï ».


Ados et cinéma (« Ralph » de Michael McGowan) 2

http://www.youtube.com/watch?v=hIyhl8OEFsEUn petit film familial peu connu, idéal pour les adolescents, et plein de messages positifs allégoriques (abnégation, courage…) : « Ralph » / « Saint-Ralph » (2004) du réalisateur canadien Michael Mc Gowan.

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Hamilton (Ontario) au Canada, années 1950… Ralph Walker, un jeune collégien de 14 ans orphelin de père, est scolarisé dans un établissement religieux à la discipline de fer (le collège St-Magnus, dirigé par le père Fitzpatrick), où la morale et la foi sont de rigueur.
Sa mère hospitalisée d’un cancer étant subitement tombée dans le coma, il espère un miracle pour la sauver : courir le grand marathon de Boston (Massachussetts) et le remporter serait un challenge à la hauteur, du moins l’espère-t-il, encouragé par un jeune prêtre aux idées larges et ancien sportif de renom…
Un premier film indépendant très remarqué, à la mise en scène et au scénario originaux et touchants, entre « Le Cercle des Poètes disparus » (pour l’ambiance scolaire) et « Chariots de feu » (pour la performance sportive).
Récompensé dans de nombreux festivals, « Ralph » est un film bouleversant dont l’histoire est sublimée par l’interprétation d’un adolescent (Adam Butcher) confronté à la maladie de sa mère et à son incroyable volonté de surmonter les obstacles de la vie…

Un concentré d’amour et d’émotion dans la lignée de « Billy Elliott » ! (un de nos coups de coeur DVD à la médiathèque de St-Florent).


Psychodrame au « Brico Dream » : poésie à tous les étages et remède contre la déprime

Immense coup de coeur pour le dernier film de Bruno Podalydès vu hier soir : « Bancs publics (Versailles Rive droite) » clôt  la trilogie versaillaise – sa ville natale – commencée en 1992 avec 1°) « Versailles rive gauche » puis 2°) « Dieu seul me voit (Versailles chantiers) », avec un joyeux film choral (le casting est impressionnant !) plein de fantaisie et de poésie à la Jacques Tati (la deuxième partie du film s’accélère brutalement et enchaîne catastrophe sur catastrophe dans le fameux magasin de bricolage « Brico Dream » dont les vendeurs sont d’improbables dilettantes aux airs de Gaston Lagaffe !)…

(affiche officielle, www.allocine.fr)

(affiche officielle, www.allocine.fr)

Si vous aviez apprécié comme moi ses deux précédentes adaptations très personnelles du romancier Gaston Leroux (« Le Mystère de la Chambre jaune » réalisé en 2003, suivi en 2005 du « Parfum de la Dame en noir »), jetez-vous sur son dernier long-métrage, vous ne regretterez pas le prix de votre billet ! Toujours le même humour pince-sans-rire, le même décalage et le même jeu d’acteurs, avec pour ne citer que les meilleurs : Claude Rich, Pierre Arditi, Isabelle Candelier et Jean-Noël Brouté que l’on avait découverts tous deux dans les aventures rocambolesques de l’inspecteur Rouletabille, toujours Denis Podalydès et son frère réalisateur et acteur (truculent !) Bruno le barbu, toujours le belge Olivier Gourmet ici en vendeur antipathique à souhait, etc…

Malgré l’absence relative de scénario (principal reproche de ce film, qui réunit en fait plusieurs petites saynètes), on rit énormément, entre les gags visuels de la mise en scène et les jeux de langage des dialogues (très écrits), sans oublier le ridicule de certaines situations (la machine à café « Grospresso » par exemple, et ses portions triples) ; cela dit ce genre d’humour subtil et décalé (et paradoxalement lourd par moments) ne plaira pas forcément à tous les publics.

Pas mal d’émotion aussi dans cette comédie collégiale, où la description de la solitude et de l’absence de réelle communication, au travail ou dans le privé  (thèmes centraux de l’intrigue finalement), dans cette Ile-de-France bourgeoise des Yvelines, est omniprésente et finement amenée au spectateur. Bref, un film français drôle, intelligent et pas rébarbatif à la fois (pas si fréquent !), qui réconcilie le public avec le 7ème art…

Ah oui, j’oubliais : avant la séance, nous avons eu le plaisir de découvrir un drôle de court-métrage québécois : « Next Floor » de Denis Villeneuve (dont voici un extrait et la liste de récompenses internationales).